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Nous avons passé la dernière semaine dans la vallée de Creston, au sud de la Colombie-Britannique.

Nous avons passé la dernière semaine dans la vallée de Creston, au sud de la Colombie-Britannique.

 Après avoir parcouru 20 000 kilomètres et traversé une vingtaine d’États, Lise et moi éprouvons le besoin de faire une pause. Ce n’est pas que nous soyons fatigués, du moins pas physiquement, la marche en montagne nous ayant permis de garder la forme. La lassitude ressentie après sept mois de cavale est davantage psychologique.

Il faut dire que nous avons été au cours des 20 dernières années des adeptes du slow travel. Nous avons mis sept ans à explorer la campagne au nord de Rome. Nous ne sommes allés à Venise qu’à notre neuvième voyage en Italie. Nous avons passé deux hivers à Nice.

C’est que le slow traveller ne se déplace guère. «Rester sur place, loin des circuits touristiques, est la meilleure façon de vivre la région», peut-on lire sur un site consacré à ce tourisme un peu particulier. «Le slow traveller n’est pas un colon qui importe ses traditions sur son lieu de villégiature, mais un indigène qui se fond dans la population locale.»

Après la pluie, fréquente depuis notre arrivée, nous avons eu droit à un bel arc-en-ciel.

Après la pluie, fréquente depuis notre arrivée, nous avons eu droit à un bel arc-en-ciel.

Bien sûr, on choisissant le caravaning, nous avons plutôt opté pour le nomadisme. Dans l’immédiat du moins. Peut-être choisira-t-on, un jour, d’immobiliser notre motorisé et d’explorer à fond une région. Mais ce moment n’est pas venu.

Cela dit, nous avons décidé de lever le pied. Ça tombe bien, car il nous faut faire faire l’entretien printanier de La grande bleue, faire réparer les dommages du dernier accrochage et peaufiner l’itinéraire de notre périple dans l’Ouest canadien.

J’avais même songé à retourner au Québec un mois ou deux, le temps de revoir nos proches et de recharger nos accus. Mais Lise, qui a déjà traversé le Canada dans une vie antérieure, m’a fait comprendre qu’il s’agissait d’un trajet aussi long qu’ennuyeux. Nous resterons plutôt dans le sud de la Colombie-Britannique durant tout le mois de mai. C’est plus sage.

Nous avons profité des premiers jours de cet arrêt pour tracer un petit bilan de nos sept premiers mois d’errance. Nous nous portons plutôt bien. Je crois que les photos mises sur notre site en témoignent. «Ne revenez plus ici, vous avez l’air trop bien», nous a écrit notre amie Louise. Si nos proches nous manquent parfois, nous n’avons pas le mal du pays. Certes, nous retournerons au Québec plus volontiers maintenant que le projet de Charte a été balayé, mais rien ne presse.

L’appartement non plus ne nous manque pas trop, même s’il est incontestablement plus confortable que notre autocaravane. Mais la vie de caravanier nous sied bien.

J’aimerais néanmoins que les pépins soient moins nombreux. Nous savions en partant que les motorisés sont fragiles et que les ennuis sont fréquents. Mais à ce point? En relisant mes carnets, je me suis rappelé que nous avons éprouvé des ennuis avec le macérateur et la cuvette des toilettes, qu’il a fallu changer la batterie d’appoint, que nous avons eu un rat comme colocataire, qu’il a fallu s’arrêter chez Mercedes parce que les témoins de niveau d’huile et du catalyseur se sont allumés, que j’ai accroché une auto dans une station-service et qu’une conductrice a reculé dans notre autocaravane, qu’il a fallu faire colmater une grave fuite de gaz et faire corriger le train avant parce que les pneus s’usaient prématurément, que la thermopompe est tombée en panne, que nous avons dû faire remplacer les ampoules de deux phares borgnes, et j’en passe. Et c’est sans compter que le verglas nous a immobilisés à Breaux-Bridge et que nous avons connu soucis et frustrations avec les points d’accès à l’internet.

??????????Pris un à un, aucun de ces pépins n’est grave. Mais mis bout à bout, ils ont mis nos nerfs à rude épreuve et provoqué des tensions que nous n’avons pas toujours bien gérées. Pour la suite du voyage, il nous faudra être plus complices dans l’adversité. Nous en sommes bien conscients. Aussi avons-nous mis en place des correctifs.

N’allez pas croire pour autant que le voyage se déroule mal. Au contraire. Nous avons rencontré, je l’ai souvent souligné, des gens formidables. Au tout premier rang, il faut mentionner de nouveau Lise et Daniel, avec qui nous avons cheminé pendant dix semaines de la Floride à l’Arizona, en passant par la Californie et le Nevada. Ils sont devenus des amis pour la vie.

Nous avons aussi traversé des lieux inoubliables : la côte ouest de la Floride et la côte est du Texas, les beaux parcs de l’Arizona et du Nevada, la Vallée de la Mort et la Vallée de Feu, les canyons du Big Circle et les Rocheuses. Des sites très différents les uns des autres, mais tous d’une splendeur à couper le souffle. Nous en avons été admiratifs et reconnaissants. La route nous a comblés.

Et ce n’est pas fini. Au cours des prochains mois, nous passerons par l’Alberta visiter Banff, Jasper et le lac Louise, nous nous rendrons au Yukon et en Alaska, nous irons voir l’île de Vancouver et la vallée de l’Okanagan, avant de retourner aux États-Unis découvrir la côte Ouest. Une bien belle route en perspective!

Lise vous fait ses amitiés. À samedi prochain.

Paul

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Commentaires sur: "Besoin d’une pause" (2)

  1. Finalement ça s’est très bien passé… Évidemment on note davantage les petits pépins lorqu’on vit en nomade surtout quand le monsieur prend tout bien en note dans son calepin. Lolllll! Et puis ce n’est jamais évident de partir comme ça pour longtemps car il y a toujours beaucoup à apprendre et à gérer car il y aura toujours des moments de tension… D’autant plus que ça se passera dans un univers totalement différent à celui de nos habitudes de vie. Agréable de vous lire mon cher Paul avec toujours cette finale avec Lise à chacun de vos textes.

    Elle a bien raison Lise lorsqu’elle parle de la traversée du Canada… Ouf que c’est long de Calgary au Lac Supérieur. J’ai eu ce bonheur de le faire à deux occasions en voiture-camping mais c’était à cette époque lointaine alors que j’étais enseignant du primaire… avec bien sûr deux longs mois de vacances.

    Et pendant ce temps Nadal est toujours premier au classement… et le restera encore un bon moment. J’ai toujours ce blogue mais tellement occupé que j’ai bien peu de temps pour suivre tout ça de près.

    Guy Gibo

  2. Bonjour les courageux,

    Peut-être que si je revenais à vos âges, je ferais la même chose que vous deux. Je vous trouve bien sages de prendre une pause. Avec la remise en forme de la Grande Bleue, vous pourrez continuer votre périple. Sans les pépins, je vous le souhaite. Au risque de me répéter , je vous envie et suis contente que vous puissiez vous rendre au Yukon et en Alaska.

    À la semaine prochaine,

    Madeleine

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