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Entre deux State Parks, nous nous sommes retrouvés pour quatre jours à Mesa, sur un immense camping qui doit ressembler aux résidences Soleil. Il faut en effet compter au moins 55 printemps pour pouvoir s’installer au Viewpoint Resort. Mais la plupart des résidants ont probablement déjà reçu leur carte grise. J’en ai d’ailleurs entendu deux se croiser en lançant avec humour : «Encore en vie?», «Ouais! Toi aussi?»

C’est pourquoi je suis resté si étonné quand une très jeune blonde, en bikini rose, est venue s’étendre au soleil parmi nous. À elle seule, elle faisait baisser la moyenne d’âge d’une décennie, mais faisait monter dangereusement la température des vieux mâles. Il m’a d’ailleurs semblé que l’eau de la piscine était anormalement chaude.

Que leur pas soit resté alerte ou qu’il soit devenu hésitant, les retraités paraissent heureux de se retrouver là. Pour ma part, je ressens toujours un petit malaise quand je me suis ainsi propulsé dans un gros club de l’âge d’or. Peut-être que, comme ma mère, je ne me vois pas vieillir. Soyez assurés qu’au terme de ce périple, je ne vais pas aller habiter les résidences de M. Savoie.

Le Viewpoint Resort est donc un immense village de retraités, comme il en existe des tonnes en Arizona. Je ne sais pas combien il compte d’emplacements. Mais le nôtre portait le numéro 2652, ce qui vous donne une idée de l’ampleur des lieux. Ils sont si grands qu’ils constituent en eux-mêmes un bon test pour la maladie d’Alzheimer. Si vous retrouvez facilement votre site, vous n’avez pas besoin de vous inquiéter. Du moins, pas encore.

La plupart des terrains abritent des maisons mobiles devenues immobiles. La majorité est sans style et sans charme, sauf dans la récente phase 3. Mais elles paraissent confortables et les aménagements paysagers les sauvent d’une laideur certaine.

Le «resort» semble aussi très sûr, bien protégé par de solides barrières et par un mur élevé. Le seul danger, je crois, être d’être happé par une voiturette conduite par un vieux épris de vitesse, mais à la vue faible et aux réflexes amenuisés. Prudence donc, en traversant les rues, d’autant que les conducteurs de «golf car» ne s’arrêtent pas. Ils se contentent de vous sourire et de vous saluer.

Les milliers de retraités qui viennent y passer l’hiver sont certainement attirés par cette belle chaleur sèche, dont j’ai souvent parlé et qui fait tant de bien aux vieux os. Ils sont sans doute appâtés aussi par les nombreuses commodités de ce «resort». On y trouve en effet un golf, dix courts de tennis, seize terrains de shuffleboard, trois piscines, six spas, trois parcs pour chiens, un restaurant, un salon de coiffure, une bibliothèque, un gymnase, une grande buanderie et j’en passe. Et c’est sans compter quelque 150 clubs ou classes, peut-on lire dans le dépliant qu’on vous remet à l’arrivée.

Si après ça, vous vous ennuyez, c’est que vous avez des goûts trop excentriques ou que vous n’êtes pas sociables. Après avoir décidé de ne pas aller au bingo, Lise et moi avons plongé dans des interrogations abyssales sur nos personnalités.

Toutefois, le soleil était radieux, il y avait ces belles piscines, nous étions de bonne humeur et nous avions besoin d’une petite pause. Bref, les quatre jours ont vite passé. N’empêche qu’on était bien contents de partir pour le Lost Dutchman Park, où nous avons retrouvé avec plaisir nos amis Lise et Daniel.

Comment décrire le Lost Dutchman Park? Facile. C’est tout le contraire du Viewpoint. Pas de piscine, pas de tennis, encore moins de schuffleboard, pas de buanderie, pas de salle de danse, pas même d’eau et d’électricité sur la plupart des sites. Mais quelle beauté! Le camping de ce parc se niche au pied du mont Superstition, une des plus belles montagnes que j’aie vues de toute ma vie.

Et on peut y marcher. Le premier jour, nous avons fait une randonnée très agréable, mais plutôt facile. Nous réservions le grand sentier pour le lendemain. Le Siphon Draw Trail démarre à 2080 pieds. Il grimpe d’abord jusqu’au Basin, à 3100. Je comptais m’arrêter là. Mais au bout d’une heure quinze, nous y étions déjà, 45 minutes plus tôt que les deux heures prévues. J’ai donc poursuivi l’ascension jusqu’à 4300 pieds, une ascension raide et exigeante, où j’ai eu à dominer mon vertige. Pour mon petit cœur et mes vieilles jambes, c’était assez. Daniel et les deux Lise ont continué la montée quasiment jusqu’au sommet.

Nous avons tous adoré. Même ma Lise, qui a chuté dans la descente et qui s’est rapé le bras droit sur une grosse pierre et un cactus rébarbatif. Elle a tout de suite été secourue par nos deux amis, ce qui a bien soulagé son trouillard de mari, qui la plaignait sans intervenir.

Je tiens tout de suite à vous rassurer : son bras va bien, même s’il reste un peu douloureux et même si les plaies mettront quelques jours à guérir.

Le carnet du caravanier

Retour au Walmart cette semaine, cette fois pour une coupe de cheveux. Vous ne saviez pas qu’il y avait un salon de coiffure dans les grands magasins de la chaîne? Moi non plus. Je l’ai appris à la piscine du Viewpoint. Je commençais à ressembler à un Félix Leclerc vieillissant, qui aurait boudé son coiffeur. Lors du dernier Skype, j’ai même senti que ma belle-fille Jasmine, une jeune femme de goût, commençait à avoir un peu honte de moi. Il faut dire que ma dernière coupe remontait au mois de novembre. Je cherchais donc un salon. C’est alors qu’une Québécoise de passage m’a dit : «Dans les supercenters, il y en a. À Tucson, j’y suis allée.» Ah bon!

Lundi, je me présente donc au «supercenter» de Mesa. Eh oui, il y avait un salon de coiffure. Plutôt joli d’ailleurs. La coiffeuse, en revanche, m’a un peu inquiété. Je ne trouvais pas sa coupe, disons… très réussie. Les mèches vertes et rouges, en particulier, étaient d’un goût que je qualifierais de douteux. Mais bref, il fallait bien passer sous le ciseau. Heureusement, elle était très respectueuse de mes besoins et le résultat, ma foi, est bien correct.

Lise, par contre, était moins enchantée de sa propre coupe. Quelques coups de ciseau laissaient, il est vrai, à désirer. Mais ce n’est pas un désastre, tant s’en faut.

Quant au prix (31,50$ pour les deux), il est plus que raisonnable. À Montréal, Lise payait à elle seule près de 50$ pour une coupe de cheveux.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse.

Paul

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