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Lise place la trappe à souris.

Lise place la trappe à souris.

En ouvrant une porte d’armoire samedi dernier, Lise a entrevu une souris, qui a eu aussi peur qu’elle. Bien que nous ayons aussitôt calfeutré quelques trous, Miquette est restée colocataire. Dès la nuit suivante, elle est venue manger le poison que nous avions acheté spécialement pour elle. Nous espérions qu’elle apprécierait le festin mais sans le bien digérer.

Apparemment, elle avait un estomac d’acier, car elle a continué à nous rendre visite la nuit. Sitôt que nous étions au lit, elle s’empressait de dévorer les délices empoisonnés que nous lui laissions.

Après quatre jours de ce régime, la souris continuait à nous narguer. Nous avons donc décidé de passer aux grands moyens. Direction la quincaillerie, d’où nous sommes ressortis avec deux trappes.

Bien entendu, nous n’avons pas pris une décision aussi grave sans débattre longuement de ses implications morales. Étions-nous en situation de légitime défense et pouvions-nous entreprendre une guerre défensive? Certes, nous ne pouvions invoquer, comme un certain George W. Bush, que notre ennemi possédait des armes de destruction massive. Car enfin, il ne s’agissait que de petites crottes laissées ça et là. Reste que notre territoire était envahi, peut-être pas au point de parler d’invasion barbare, mais envahi tout de même.

Bref, nous avions deux trappes entre les mains. Encore fallait-il apprendre à s’en servir. Deux ou trois fois, on a failli recevoir le marteau sur les doigts en l’armant. C’est alors que Lise a eu une brillante idée : elle a sorti son iPad et trouvé une vidéo. Le démonstrateur y expliquait qu’en France, on utilisait du pain comme appât. Mais il ajoutait qu’en Amérique, où la purée de cacahuète est populaire, ça fonctionnait aussi très bien. Brillants, on a mis un peu de beurre d’arachide sur le pain. Je trouvais notre astuce si géniale que je me suis même dit qu’on pourrait la faire breveter.

On a donc installé les deux trappes et on est allés se coucher pas mal énervés. On s’est endormis quand même. Au milieu de la nuit, quand on s’est réveillés, notre coloc était passée. Elle avait mangé les deux appâts sans qu’une seule trappe se déclenche. Que s’était-il passé?

On a décidé de créer une commission d’enquête. On se serait cru au gouvernement. Sauf qu’on a trouvé plus vite la solution. Il faut dire qu’on a joint un expert, notre fils Étienne en personne, qui avait récemment eu maille à partir avec une famille de souris. Grâce à Skype, il nous a montré comment armer la trappe. Nous n’avions pas fixé la barre de retenue au bon endroit. Quand je vous disais, il y a quelques mois, que zéro plus zéro, eh bien ça fait zéro.

La nuit suivante, on arme le piège et on se met au lit. Dans le noir, blottis l’un contre l’autre, nos cœurs battent un peu vite. Notre invitée ne tarde pas. On l’entend grignoter le pain, puis bang, la guillotine se déclenche. On se dit : «C’est fait!» J’ouvre la lumière. La souris n’est pas dans la trappe. Elle est plutôt à côté, apparemment étourdie. Elle est d’ailleurs bien trop grosse pour le piège à mulot que nous avions acheté.

On commence à s’affoler. Lise a mis des gants, mais elle hésite à attraper une souris encore vivante. J’ouvre la porte en lui criant : «Prends le balai et fous-la dehors!» Mais dès que Miquette sent les poils du balai, elle reprend vie et file par le trou d’où elle est venue.

La scène, il faut bien le dire, était pénible. Il m’est revenu une réplique de La guerre des tuques : «La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal.» Malheureusement, la guerre, ça fait toujours mal.

Dépités, on s’est endormis péniblement et on s’est réveillés un peu déprimés. Lise était d’avis qu’il nous fallait une trappe à rats. Moi, je trouvais qu’on avait beau être des descendants des coureurs des bois, on n’avait pas l’étoffe des trappeurs. Je penchais plutôt pour l’empoisonnement.

Puis, j’ai eu l’idée de calfeutrer le trou par lequel Miquette s’était enfouie, en espérant que la barrière tiendra mieux que, jadis, la ligne Maginot. Cette nuit, elle a tenu. On se croise les doigts.

Les millionnaires de Mercedes

Ce n’est pas le seul pépin que nous ayons eu. En quittant Nashville, toujours samedi dernier, j’ai vu apparaître sur le tableau de bord un vilain témoin jaune. Inquiet, je prends tout de suite la première sortie. Le mode d’emploi indique qu’il s’agit de l’alerte de l’injection. Ce n’est peut-être pas grave, mais le guide conseille de se rendre chez un concessionnaire de Sprinter Mercedes. J’appelle à la FQCC pour savoir où il y en a un. Mais il n’y a pas de service le week-end. Et de toute façon, aucun concessionnaire n’est ouvert. Nous décidons de retourner au camping que nous venions de quitter en nous demandant si on n’avait pas la poisse.

Deux jours plus tard, quand on a repris la route, l’indicateur jaune était toujours allumé sur le tableau de bord, mais La grande bleue semblait se porter à merveille.

Nous sommes malgré tout arrêtés chez le concessionnaire Mercedes de Nashville. Très impressionnant! Nous étions là, tout menus et un peu intimidés, parmi ces millionnaires venus faire réparer ou entretenir leur voiture de luxe. Le garage lui-même était très classe, très chic et d’une propreté tout allemande. Tout reluisait. Surtout pas de mécanos crasseux et graisseux. Leur tenue était impeccable et leurs manières, idoines.

Pour ce qui est de notre autocaravane, l’emploi du temps était trop chargé pour qu’on la mette au banc d’essai. Il aurait fallu rester une semaine encore dans cette ville presque aussi froide que Québec.

Heureusement, le mécano venu nous voir nous a vite rassurés. Certes, il serait préférable, a-t-il dit, de faire vérifier notre véhicule en cours de route par un autre concessionnaire. Mais il n’y avait aucun risque à le conduire si l’indicateur ne se mettait pas à clignoter et si le moteur tournait bien.

On a beau avoir franchi 2500 kilomètres, le froid canadien nous a rattrapés jusque sur les bords du golf du Mexique.

On a beau avoir franchi 2500 kilomètres, le froid canadien nous a rattrapés jusque sur les bords du golf du Mexique.

L’hiver nous a rattrapés

L’autre grand souci de la semaine a été la température. J’ai célébré un peu vite la fin de l’hiver dans mon dernier carnet. Ça m’apprendra. On a beau avoir franchi 2500 kilomètres, le froid canadien nous a rattrapés jusque sur les bords du golf du Mexique. Certes, il n’a pas fait aussi froid à Nashville ou à Pensacola qu’à Saskatoon ou à Winnipeg. N’empêche que le mercure a chuté à tel point qu’il a fallu débrancher l’eau de l’autocaravane. Dans la ville du country, le froid a même été si vif que l’entrée d’eau de notre VR a gelé. On a craint un moment d’avoir déshivernisé trop vite. Mais un voisin, un bon Ontarien, est venu à la rescousse. Grâce à une petite chaufferette, l’eau, ô merveille, s’est remise à circuler.

Hier, le mercure a enfin grimpé jusqu’à 18 Celsius et les gels nocturnes semblent terminés. Bien sûr, ce n’est pas encore la canicule, tant s’en faut. Mais au moins, on ne grelotte plus et on n’aura plus à débrancher l’eau la nuit.

Le soleil était même radieux hier. Autour de La grande bleue, en quelques minutes, j’ai vu un cardinal, un geai bleu, une tourterelle, notre oiseau porte-bonheur, et plein d’autres volatiles que je ne saurais nommer. Tous se prenaient pour des chanteurs d’opéra. À tel point que même le vieux snowbird s’est mis à fredonner.

Lise vous fait ses amitiés. À samedi prochain.

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