Voyages, lectures, films, impressions, humeurs, la vie quoi!

Le parc de Portofino est un merveilleux endroit pour la randonnée pédestre.

Le parc de Portofino est un merveilleux endroit pour la randonnée pédestre.

Notre séjour à Santa Margherita a mal commencé. L’appartement que nous avons loué par l’internet est laid, vieillot et d’une propreté plus que douteuse. Nous étions tellement déçus qu’on a failli rebrousser chemin, mais l’opération s’annonçait difficile. Alors, on s’est fait une raison.

Puis à l’heure du souper, on s’aperçoit que le gaz ne fonctionne pas. On a beau essayer d’allumer les brûleurs de la cuisinière, pas la moindre flamme une fois l’allumette éteinte. J’appelle aussitôt Danilo, l’homme des clés, qui promet de me rappeler. Mais à 20h, le signore était aux abonnés absents. Aussi nous sommes-nous résignés à aller dans une pizzéria du coin.

C’en était trop. Cette italiennerie, la énième du voyage, m’a plongé dans une petite déprime. J’étais prêt à mettre une croix définitive sur ce pays que j’ai tellement aimé.

Le lendemain, humeur noire s’était plutôt métamorphosée en colère bleue. Grâce à Lise, on a trouvé un café internet, d’où j’ai envoyé un courriel rageur au propriétaire. «Si nous n’avons pas le gaz ce soir, l’ai-je menacé, je serai dans l’obligation de porter plainte auprès de Homelidays et de réclamer un remboursement.» Et j’ai signé : Paul Roux, journaliste et blogueur, en ajoutant un hyperlien vers mon blogue de voyage. C’est un peu vache, j’en conviens, mais le résultat est foudroyant. C’est la deuxième fois que j’utilise cette formule au cours de ce périple. C’est fou comme ça remet un propriétaire dans de meilleures dispositions.

Le jour même donc, le signore Danilo, tout sourire, s’est présenté à l’appartement pour venir ouvrir le gaz et nous expliquer comment fonctionnait la cuisinière, avec moult détails. Alléluia !

Un sentier, un calvaire !

Lise me larguait régulièrement.

Lise me larguait régulièrement.

Un peu plus tôt, il avait finalement cessé de pleuvoir, de sorte que nous avons pu parcourir un premier sentier dans le splendide parc de Portofino. Pour renouer avec la marche en montagne, nous avions choisi un itinéraire pas très long mais plutôt raide : quatre kilomètres de montée abrupte suivis de quatre kilomètres d’une descente non moins abrupte, mais de surcroît glissante en raison de la pluie des derniers jours.

Au bout de quelques centaines de mètres, Lise, tout heureuse, m’a lancé : «Le pire est fait.» Oh que non! Moi, je n’avais pas oublié comment j’avais sué et peiné dans ce même sentier 15 ans plus tôt. Un calvaire, qui s’est répété.

Depuis le début de ce voyage, nous avons beaucoup marché, mais jamais en montée. La forme est un peu juste. En tout cas la mienne. Lise, elle, me larguait régulièrement. Parfois, elle m’attendait, avec son plus beau sourire. Dès que j’arrivais à son niveau, elle m’offrait un peu d’eau et repartait d’un pas allègre alors que je me remettais à pomper comme une vieille locomotive à vapeur dans les Rocheuses.

Une fois, pépé a même dû accepter la main qu’elle lui tendait pour franchir un obstacle particulièrement difficile. C’est humiliant en titi. Depuis les presque 35 ans que nous sommes ensemble, il y a eu des périodes où nous étions à égalité en montagne. D’autres où j’ai été le plus rapide et d’autres enfin, où elle m’a devancé. Nous sommes manifestement dans la troisième phase. Je ne lui en voulais pas. J’en voulais plutôt au vin, aux pizzas, aux croissants, au chocolat dont je me suis empiffré depuis le début de ce séjour européen.

Lise m’a demandé deux ou trois fois si je voulais retourner. Pas question. Plutôt mourir. Mais je suis arrivé au sommet vivant et presque dans les temps suggérés dans le dépliant des sentiers. Peut-être finalement que je ne suis pas si mauvais que ça. C’est juste que Lise est meilleure.
Au retour, nous sommes même redescendus un peu plus vite qu’un couple d’Allemands à qui nous concédions une trentaine d’années, et ce, malgré une pause pipi de ma part (ah! ces vieilles prostates). Tout n’est donc pas perdu.

Pour demain, nous avons déjà choisi un autre sentier, un peu plus long mais moins raide. J’ai déjà hâte.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse. À bientôt !

Paul 

Les randonnées du parc offrent des points de vue spectaculaires.

Les randonnées du parc offrent des points de vue spectaculaires.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Nuage de Tags

%d blogueurs aiment cette page :