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Les sassi de Matera sont d'une splendide beauté.

Les sassi de Matera sont d’une splendide beauté.

J’ai longtemps vu l’Italie comme le pays idéal. L’amour rend aveugle, dit-on. Mais au cours des derniers voyages, ses limites, pour ne pas dire ses défauts, ont fini par me sauter aux yeux. Le périple qui se termine cette semaine, notre 16e dans la Grande Botte, ne fait pas exception, bien au contraire. Peut-être était-ce parce que nous avons passé trois semaines dans le Sud, mais jamais le caractère chaotique de ce pays ne m’est apparu plus évident.

En traversant ses petites villes en zigzaguant parce que plein de gens se garent en double file, reculent sans crier gare ou foncent dans les stops, j’ai saisi tout d’un coup la désorganisation de leur vie politique. J’ai compris pourquoi les Italiens avaient connu une soixantaine de gouvernements depuis la Deuxième Guerre, pourquoi Berlusconi avait pu s’accrocher au pouvoir aussi longtemps ou pourquoi ils étaient incapables de former des coalitions durables. Les Italiens ont de grandes qualités, mais ils sont trop individualistes et trop je-m’en-foutistes pour que le bien commun domine leur vie collective.

Et au quotidien, ce désordre finit par peser. Il y a dix ans, je rêvais d’acheter un appartement en Italie et d’y vivre une bonne partie de ma retraite. Aujourd’hui, ce rêve paraît bien lointain.

Ce qui agace, ce sont souvent des détails, anodins pris un à un, mais lassants mis bout à bout. Prenez juste le klaxon. Les Italiens en usent comme tout le monde pour signaler un danger. Mais ils l’utilisent aussi, du moins dans les petites villes du Sud, pour se saluer. Un conducteur repère, par exemple, une connaissance sur le trottoir. Coup de klaxon pour la saluer. La première fois, c’est sympa. L’ennui, c’est qu’ils se connaissent tous. Alors à la longue, ce pin-pon incessant est moins charmant.

???????????????????????????????Les Italiens usent aussi du klaxon pour imposer leur priorité sur la route ou dans la rue. Ainsi, lorsqu’un conducteur arrive à une intersection, il klaxonne pour signaler au conducteur venant de l’autre direction que le passage lui appartient. L’ennui ici, c’est qu’il y a des intersections aux 50 mètres.

Les Italiens, enfin, utilisent l’avertisseur pour manifester leur impatience. Et comme on dit chez nous, ils ont la mèche courte. Si vous ne partez pas assez vite quand le feu passe du rouge au vert : coup de klaxon ! Si vous ralentissez parce que vous hésitez sur la route à prendre : coup de klaxon ! Si vous allez trop lentement dans une petite rue étroite où vous vous êtes égaré : coup de klaxon ! Oui, ils peuvent être si chaleureux. Mais au volant, ils ne sont ni patients ni polis.

Je pourrais vous parler aussi des horaires. Très aléatoires, les horaires. Les gens du Sud ont conservé la siesta. Je veux bien, c’est une belle tradition. À condition  d’afficher les horaires sur les portes des commerces. Car les commerçants n’ouvrent pas tous à la même heure, ce serait trop simple. Certains se remettent au travail dès 15h15. La plupart attendent plutôt à 16h. Mais certains traînent jusqu’à 16h30, voire jusqu’à 17h.

Mais à la réflexion, l’horaire ne serait peut-être pas si utile, étant donné qu’ils ne le respectent pas. Quand un commerçant daigne afficher l’heure d’ouverture, ce qui reste rare, sachez qu’il s’agit d’une intention, d’un souhait. Ça peut être 16h, si tout va bien. Mais il se peut qu’à 16h30, vous l’attendiez encore.

Je m’arrête, car vous allez croire que j’ai détesté mon voyage dans le sud de l’Italie. Ce n’est pas le cas, même si, comme vous pouvez le voir, certains aspects de la vie italienne m’ont irrité. En revanche, j’ai adoré la lumière et la chaleur de la Calabre, les couchers de soleil sur la mer, la rencontre avec Peter et Wendy, les repas sur les terrasses, le pittoresque des trulli de la vallée de l’Itria, la beauté baroque de la vieille ville de Martina Franca, la splendeur des sassi de Matera, et j’en passe.

Mais pour être tout à fait honnête, j’étais heureux, en ce samedi pluvieux, de remonter vers le nord.

La fin du «latin lover»

Pour terminer ce carnet sur une note plus légère, un mot sur le séducteur italien, type Marcello Mastrioianni. Mesdames, j’ai le regret de vous dire que c’est une espèce en voie de disparition, irrémédiablement remplacé par le chauve à lunettes. Ce nouveau type a l’avantage d’être plus facile à cloner, ce qui assurera sans doute sa survie. Mais il est beaucoup moins romantique, et sans doute moins sexy, encore que les dames pourront différer d’avis sur le sujet.

En revanche, sachez messieurs, que la belle Italienne, type Ornella Muti, existe toujours. Mais j’ai trouvé qu’elle était moins répandue dans le sud que dans le centre ou le nord du pays.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse. À bientôt !

Paul 

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Commentaires sur: "Arrivederci Italie du Sud !" (2)

  1. « chauve à lunettes »
    Chic, je fonderai dans le decors du sud alors!

    A la lecture du 2e paragraphe, je constate que le voyage forge l’esprit et le caractere… avec un brin philosophie dans ce billet! 😉

    Bonne continuation!

  2. oussamamuse a dit:

    Ouf, je suis bien content de voir que, même dans le sud, vous n’avez pas perdu le nord et surtout pas l’humour… mes hommages à Ornella 🙂

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