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Une halte routière de la Campanie.

Une halte routière de la Campanie.

Nous sommes déjà en Calabre, quatre jours plus tôt que prévu. En fait nous devions passer quelques jours en Campanie, mais nous avons détesté cette région. Moi surtout. Je sais qu’elle regorge de lieux remarquables, ne serait-ce qu’Ischia, Capri et la côte Amalfitaine, où nous avions séjourné il y a une quinzaine d’années. Mais cette fois-ci, nous en avons découvert la face cachée.

Notre premier contact, il faut bien le dire, a été particulièrement chaotique. Nous sommes entrés dans une halte routière lundi, vers 13h30. Nous avions justement retardé notre arrêt en nous disant qu’à cette heure-là, l’endroit serait plus calme. Mais ce n’était pas le cas. C’était encore bondé. Il y avait là, en particulier, plein d’enfants qui parlaient fort, bousculaient les gens sans s’excuser et couraient dans toutes les directions sans écouter leurs parents. Ces derniers ne paraissaient d’ailleurs pas mieux éduqués. Plusieurs se faufilaient pour gagner des places dans les queues. J’ai même failli m’engueuler avec une Italienne qui est passée cavalièrement devant Lise et moi. Quand je lui ai dit sèchement que nous attendions tous notre tour, elle a paru surprise, mais elle a reculé.

Un peu plus tard en après-midi, nous nous sommes arrêtés de nouveau, cette fois pour prendre un café. Le serveur ne nous a même pas salués. Il a servi avant moi quatre personnes qui avaient commandé leur café après moi. Quand je lui ai signalé son oubli, il a fini par me servir de mauvaise grâce, en laissant tomber la tasse sur le comptoir.

«Nous sommes dans un autre monde», m’a dit Lise. Dans un autre monde, en effet. Quelques heures plus tôt, nous étions encore en Toscane, où les gens, au risque de me répéter, sont beaux, bien coiffés, bien fringués et sentent bon. Là, nous étions plutôt au royaume des ploucs italiens. Plus péquenot que ça, tu te réincarnes en «hillbilly» américain. Certains hommes arboraient même une coupe de cheveux que je situerais entre la coupe Longueuil et la coupe mohawk. C’est vous dire. Heureusement, me suis-je dit, plusieurs n’ont plus de cheveux.

Les toilettes étaient à l’avenant, c’est-à-dire malpropres. L’architecture des villes et des villages que nous avons traversés était quelconque. Et pour finir, nous avons mal mangé au restaurant le soir venu. Je me suis souvenu que nous avions hésité entre le sud de l’Italie et le sud-ouest de la France et j’ai pensé : «Dire que nous pourrions ce soir être à Collioure!»

J’ai fait part de mes sombres pensées à ma compagne, qui a trouvé que je jetais l’éponge un peu vite. Aussi avons-nous convenu de nous rendre au moins jusqu’en Calabre, où nous prendrions une décision quant au reste du voyage.

La route a été longue. Il a d’abord fallu sortir de cette satanée Campanie, à travers des routes de montagnes sinueuses et interminables. Enfin parvenus à l’autoroute, l’accès vers Reggio était fermé. Pas le moindre panneau ne nous en avait informés plus tôt. Un jeune policier est venu nous le confirmer. Il avait un fort accent du Sud. Je n’ai à peu près rien compris à ce qu’il disait, tout juste qu’il fallait retourner sur nos pas et prendre une autre route. On a dû se taper encore une heure de routes de montagne.

Manque de pot : l’autoroute en direction sud était jalonnée de chantiers. C’était comme au Québec, direction Gaspésie, mais en pire encore. À tout bout de champ, la route se réduisait à une voie. Les panneaux indiquaient une vitesse maximale de 60 kilomètres. Pour ma part, je maintenais 80. Mais comme nous sommes dans un pays où les gens conduisent comme des dingues, j’étais vite distancé par tous ceux qui me précédaient et j’impatientais tous ceux qui me suivaient. Aussitôt que la route s’élargissait, les Audi (les pires), les BMW, les Land Rover ou les Mercedes nous doublaient comme si notre auto avait été immobilisée. Au moins une fois, j’ai entendu un coup de klaxon. J’ai fait mon plus beau sourire au conducteur courroucé et je l’ai salué de la main. J’adore…

C’est dans ce contexte que Lise a connu son baptême de conduite en Italie. Fatigué, je lui ai laissé le volant pendant une heure. Quand elle s’est arrêtée, elle tremblait. Il faut dire que mon stress, palpable malgré mes efforts pour n’en rien laisser paraître, ne lui a pas facilité la tâche.

De peine et de misère, nous avons fini par aboutir, avant que ne tombe le jour, à Tropea, une jolie ville de la côte calabraise, où nous avons déniché un bel hôtel. Le réceptionniste est sympa et très serviable (en plus, selon Lise, d’être mignon). Au restaurant, le serveur a été charmant et le repas était excellent. Bref, le vent a peut-être tourné. Je sens que je vais me coucher ce soir sans penser à Collioure.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse. À bientôt!

Paul

Lise dans notre chambre à Tropea.

Lise dans notre chambre à Tropea.

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Commentaires sur: "Chez les ploucs italiens" (8)

  1. J’ai conduit une fois en Italie et j’ai dit: PLUS JAMAIS!!!!
    Sont fous ces Italiens!!!! 😀

    Par contre, j’ai tellement aimé Capri, Sorento et Pompei.
    Vous avez dû tomber sur des napolitains!!!! 😉

  2. Voyez-vous des signes tangibles de la crise économique? Personnellement, en 2011, on ne sentait pas vraiment les effets. Il faut dire que c’était avant que les financiers sonnent la fin de la récré et portent Monti au pouvoir…

    • Les signes ne me semblent pas tangibles. Certes, le sud est plus pauvre que le nord de l’Italie. À Tropea, par exemple, de nombreuses maisons ne sont pas rénovées et pourtant, cette ville est considérée comme la perle de la côte calabraise. On ne voit pas pareilles situations dans les belles cités médiévales du Nord. Mais cette situation devait exister avant la crise.
      L’an dernier, nous étions séjournés chez des amis italiens. Leur inquiétude par rapport à la situation de leur pays était palpable.

  3. oussamamuse a dit:

    … mouais, parfois, tout va de travers, mais bon, après cela repart, ainsi va la vie sur la route du voyage en aventuriers découvreurs !
    Par contre, il est vrai que les italiens sont assez bruyants, surtout dans le sud ! De plus, ils ne sont pas toujours respectueux envers les touristes… Mais bon, ils ont d’autres qualités, ne seraient-ce que celles concernant l’esthétique de ces dames !
    Buon viaggo 🙂

  4. Bonsoir à vous deux. Je vous envoie ma nouvelle adresse e-mail. Problème avec g.mail.
    Pas de neige aujourdhui mais un temps plutôt gris. Je vais avoir beaucoup de lecture puisque je n’avais plus votre adresse de voyage. Je vous souhaite de la belle température pour tout le reste de votre voyage.jJ’ai bien hâte à un prochain billet.

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