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tempete

Dans les jours qui précèdent les grands départs, je deviens fébrile. À moitié excité, à moitié énervé. Mais cette année, la fébrilité s’est transformée presque en panique, quand le monsieur Météo de Radio-Canada a annoncé une tempête et 20 centimètres de neige pour le vendredi 8, le jour même où nous devions partir pour Nice. C’est une éventualité que je redoutais depuis le début de l’hiver. Depuis 15 jours déjà, je guettais quotidiennement les prévisions de la météo, même si elles ne sont habituellement pas très fiables. Mais ça semblait aller.

Du moins jusqu’à ce que Pascal Yiacouvakis ne s’énerve le pompon, comme on dit chez nous. J’envoie aussitôt un courriel à notre agente de voyage, lui demandant s’il n’était pas possible de partir un jour plus tôt. Vers 9h, le téléphone sonne. C’était une Maria très joviale, qui m’a demandé quel genre de Québécois j’étais pour croire que 10 centimètres de neige empêcheraient les avions de décoller de Montréal-Trudeau. Il faut dire que, exception faite de Radio-Canada, la tempête avait plutôt l’air d’une tempette. Météo Média maintenait sa prévision de 10 centimètres et Air Transat n’indiquait aucun retard pour son vol. J’étais un peu rassuré.

Le téléphone suivant était de nos amis de l’Île-Perreault. Louise et Daniel étaient toujours prêts à venir nous chercher, malgré la neige, pour aller nous reconduire à l’aéroport. Des amis pareils, cherchez-en, vous n’en trouverez pas. Tout au plus, Louise nous a-t-elle suggéré de partir tôt, de façon à éviter l’heure de pointe de la fin de l’après-midi. Quand ils sont venus nous prendre, il neigeait abondamment, la circulation était lente, mais Louise conduit bien et nous avions beaucoup de temps devant nous. Dès 15h30, nous étions rendus. C’était cinq bonnes heures avant le décollage. Mais peu importe, nous étions à l’aéroport et nous savions que notre vol partirait pour Paris à l’heure prévue.

L’attente s’est d’ailleurs bien passée, de même que le vol, même s’il a mal débuté. Je vous explique. Nous avions payé un supplément pour être à l’arrière de l’avion, là où il n’y a que deux sièges sur les côtés. Nous pourrions ainsi éviter que l’un de nous deux soit coincé à côté d’un étranger. Mais surprise : nous nous retrouvons dans la classe économique d’Air Sardines, là où il y a trois rangées de trois sièges, serrés les uns contre les autres. Je m’en plains à une agente, qui m’explique que c’est parce qu’on a changé d’appareil. Devant mon air courroucé, elle promet de m’envoyer la chef de cabine, qui s’amène quelques minutes plus tard. Jolie et aimable, elle me dit d’une voix très douce qu’elle comprend ma déception. Difficile dans ces conditions de grimper aux hublots, d’autant plus qu’elle nous promet d’essayer de déplacer la personne qui doit s’asseoir à côté de nous.

Entre-temps, le troisième homme arrive. Plutôt corpulent et surtout, puant la cigarette. La fumée commence à me sortir par les oreilles. Pas pour très longtemps heureusement, car avant même que l’avion décolle, le personnel de bord, très diligent, avait déjà trouvé un siège à notre encombrant voisin. Le vol allait être très agréable.

Nous avons atterri à Paris un peu avant 10h et nous n’allions pas repartir avant 13h. Ce qui nous laissait largement le temps de récupérer nos valises, d’aller les porter chez Air France, de passer les contrôles et… de prendre un merveilleux cappucino à Charles-de-Gaulle. J’insiste sur le merveilleux car, depuis plus d’un an maintenant, j’ai renoncé au café. J’aime toujours ce délicieux nectar, mais mes intestins ne partagent pas mon plaisir. Mais là, j’ai fait une entorse en me disant au diable les conséquences. Il me semblait que ce café serait divin, et il le fut.

Avec l’âge, peut-être que l’on jouit moins souvent, mais je crois que l’on jouit davantage. Ce que le corps nous enlève, l’esprit nous le redonne, avec dividendes.

Ce café a effacé du coup la fatigue de ce voyage. Pendant une bonne demi-heure, j’ai marché seul dans l’aéroport pendant que Lise lisait. J’étais juste heureux d’être là, d’avoir quitté l’hiver, d’être dans ce pays que j’aime tant, de savoir que dans quelques heures à peine je serais au bord de la mer.

Quand l’avion a survolé la Méditerranée avant d’aller se poser doucement sur la piste, au bout de la promenade des Anglais, Lise et moi avons été envahis par une grande et belle émotion. Nice nous attendait. Je vous en reparle dans le prochain carnet.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse.

Paul

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Commentaires sur: "Un départ en pleine tempête !" (3)

  1. Profitez-en bien tous les deux!!!!
    J’l’ai tu déjà dit?! J’vous envie!!!! 😉

    (Daniel, sur l’autre sujet: non je ne pense pas devenir une snowbird… Mais j’hais l’hiver pareil !!!!)

  2. Cher M. Paul, vos carnets sont savoureux. J’aime vos sautes d’humeur, j’aime réaliser que je suis appelé à jouir davantage si je continue de briser certains interdits, et j’ai très apprécié la tempette. Bon séjour à vous deux.

  3. J’ai beaucoup pensé à vous vendredi. Bien contente d’apprendre que vous vous êtes bien rendus. Vivement la suite de vos aventures.

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