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La colline du Château à Nice.

La colline du Château à Nice.

Dans quelques jours, nous nous envolerons pour Nice, Lise et moi. J’ai bien hâte. D’abord, parce que j’aime beaucoup cette ville, particulièrement en hiver. Je ne veux surtout pas vexer les Nordiques qui fréquentent ces carnets et qui tiennent mordicus à leur neige. Je veux juste préciser que je ne suis pas de la même fibre. Je dis souvent à mes jeunes amis français venus s’installer chez nous que je n’ai jamais pardonné à Champlain d’être resté ici. Avant l’hiver, à la rigueur, je peux comprendre qu’il ait pu se laisser griser par la couleur des arbres et par la vue du fleuve du haut du cap Diamant. Mais après? Il aurait pu au moins descendre vers les États-Unis. Par le lac Champlain, par exemple. Mais il ne devait pas savoir que ce lac portait son nom.

Toujours est-il que la récente vague de froid m’a scié les jambes. Quand j’ai su que le mercure allait chuter sous les -20, sans même le facteur éolien, je me suis précipité à l’épicerie et j’ai rempli le frigo. J’ai passé cinq jours sans mettre le nez dehors. Je n’ai quitté la douce chaleur de l’appartement que pour le gym de l’immeuble. Quand j’ai fini par sortir de ma tanière, c’est parce que j’avais un rendez-vous auquel je tenais. Je m’étais promis de m’y rendre à pied. Mais rendu au 1000 de la Gauchetière, il ventait si froid et si fort que je me suis piteusement engouffré dans le réseau souterrain jusqu’au café où l’on m’attendait.

Bref, je me vois déjà parcourant la promenade des Anglais en bermuda et en chaussures de course, le sourire aux lèvres et le cœur léger, avec la mer et les montagnes à l’horizon.

Et puis, pour tout dire, je ne suis pas mécontent de quitter pour quelques mois le pays de Fred Pellerin. Mais en France, me direz-vous, il y a Depardieu. Non voyons, il est en Belgique. Pardon, en Russie. Mais il y a Haliday. Non, il est en Suisse. Je blague, bien sûr. Il ne manque pas dans l’Hexagone de célébrités qui ne me branchent pas. Et je ne déteste pas Pellerin. Vous avez le droit de l’aimer. Si, si ! À condition de ne pas me forcer à partager votre enthousiasme pour notre barde national. Moi, je lui infligerais plutôt le sort que les Gaulois réservent à Assurancetourix.

Il n’y a pas de contrée parfaite donc. Mais un changement d’air, à l’occasion, fait grand bien. Premier arrêt pour huit semaines, la France, pays où je me sens bien. Chez moi? Pas vraiment, même si culturellement, c’est le pays dont je suis le plus proche. À vrai dire, je ne suis chez moi nulle part. Je ne me sens ni réellement Français ou Italien, ni vraiment Canadien, ni même Québécois. Pas citoyen du monde non plus; ça me paraîtrait prétentieux. Je me vois plutôt comme un citoyen de nulle part, une sorte d’immigrant perpétuel. C’est sans doute pourquoi je suis si bien auprès de ceux qui ont choisi de quitter leur pays. Dès que j’arrive ailleurs, je me glisse tout naturellement dans ce vêtement d’étranger. Rien ne me gêne aux entournures.

Deuxième arrêt pour quatre semaines, l’Italie. Là, c’est plutôt Lise qui a l’impression d’être à la maison. Mais je prends facilement le rythme de ce pays et mon italien remonte vite à la surface. Les gens sont plutôt beaux et bien fringués. Ils sentent bon. Dans le Nord et dans le Centre, en tout cas. Dans le Sud, que nous connaissons si peu et qu’on a l’intention de visiter cette fois-ci, on verra bien.

Puis dernier arrêt pour six semaines, Paris. Juste de dire le mot me rend heureux. Il fait remonter à la surface tant de réminiscences. Je n’ai qu’à dire «Paris», et voilà que remontent des souvenirs heureux des séjours qu’on y a faits, mais aussi des images de films, des impressions de romans. Le jardin des Champs Élysées me rappelle À l’ombre des jeunes filles en fleurs, le Quartier Latin me fait penser à Claudine à Paris, Saint-Germain-des-Prés évoque la grande période des existentialistes.

Paris cette année, ce sera aussi Roland-Garros, où je couvrirai pour La Presse et son site web le grand tournoi français.

Un bien beau voyage en perspective. Les valises sont presque prêtes.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse.

Paul

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Commentaires sur: "Bientôt Nice, l’Italie et Paris !" (11)

  1. Chanceux va! Ma conjointe et moi avons trouvé l’expression « il ventait si froid » tout à fait savoureuse… Une perle quoi! (je n’ai pas accès aux guillemets français sur cet appareil)

  2. Eeek, gardez nous au courant de votre itineraire… Pourquoi diable ai je choisi Londres avec son crachin au lieu de la douce chaleur provencale…

  3. Ça fait rêver, ce voyage… (long soupir…)
    Pendant ce temps là, nous, on va affronter encore 2 mois d’hiver, avec du froid, du vent, de la neige, du grésil, du verglas, du redoux, de l’espoir, du désespoir…!!!!
    Puis la fonte de la neige, le dégel qui amène tout plein de déchets, ça pue, c’est laid…!!!!
    Bon, finalement, on reverra les verts gazons et on pourra planter des fleurs multicolores!!!!

    Et pendant qu’on verra tout ça, vous vous prélasserez sur la Promenades des Anglais…
    La vie est injuste!!!! LOL

    • FoJo, deviendras-tu une snowbird à la retraite?

    • Juste pour tester le système, je viens d’envoyer un post qui a été censuré sur cyberpresse..
      Grosso modo, j’y disais : « OK, je comprends (en faisant référence à ta réponse sur la photo trafiquée de Rafa) pourquoi tu m’as considéré de haut quand tu m’as vu!!! » Évidemment, c’était une blague (tu m’as vu!!!, lol!!!) mais les modits ratons y ont vu de la censure…

      • Daniel, c’est sur le mot «shit» que les modérateurs ont sans doute buté. Pour ce qui est des carnets, j’ai oublié d’en parler sur le blogue de tennis. J’y reviendrai.

      • Dieu sait que j’ai hésité pour « Zut »… Ciel, que j’eusse dû!

  4. Paul, ces carnets t’appartiennent mais ça m’attriste de penser que tu n’as pas informé tous les nouveaux intervenants (et rappelé aux anciens…) sur le blogue de cyberpresse de leur existence lorsque tu as annoncé tes projets de voyage d’ici juin prochain. Omission par distraction ou omission volontaire?

  5. potionmagique a dit:

    on vous lit assidûment, monsieur Roux, avec ou sans commentaire. Bon voyage à vous et votre épouse.

  6. Vrai que trop de commentaires, c’est comme pas assez.
    😦

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