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Derniers jours à Nice

« Comme c’est beau ! » me lance Lise. Après presque dix semaines à Nice, ma compagne continue à s’émerveiller devant la beauté de la ville. Pour être honnête, moi aussi. Qu’on regarde la mer, les collines ou les montagnes, qu’on lève les yeux sur les immeubles, Nice est magnifique. On a un peu peur de trouver notre Montréal bien terne au retour.

« Avez-vous hâte de rentrer chez vous ? » nous a d’ailleurs demandé la jeune vendeuse du Palais des thés, qui nous a toujours accueillis si gentiment. « Pour revoir les gens qu’on aime, bien sûr ! Sinon, on resterait volontiers chez vous. »

Quand je regarde les photos de nous prises au cours de ce voyage, ce qui me frappe, c’est à quel point nous avons l’air bien. On peut affirmer, sans la moindre hésitation, que nous avons été heureux à Nice. Dix semaines sans râler, ce n’est quand même pas rien, du moins pour moi. J’ai beau chercher, je ne trouve pas de précédent. Alors forcément, on craint que la rentrée ne s’accompagne d’une petite dépression post-périple…

Mais nous n’en sommes pas là. L’Italie, notre chère Italie, nous attend pour quinze jours. Nous n’y avons pas mis les pieds depuis cinq ans. Le charme opérera-t-il encore ? Mon italien sera-t-il aussi mort que mon latin ? Comment nous sentirons-nous dans les collines de Rieti, les chiens nous reconnaîtront-ils, redécouvrirons-vous notre amie Alice comme si nous l’avions quittée la veille ?

Notre amie Catherine vient nous rejoindre demain. C’est avec elle que nous mettrons le cap sur la Botte.

En compagnie de Colette

Dans le dernier carnet, je vous disais avoir entrepris la lecture de Claudine en ménage. Je viens de terminer et le charme ne s’est jamais démenti. Dans sa liste des cent meilleurs romans, l’écrivain Fréderic Beigbeder, lui aussi grand admirateur de Colette, incluait Le blé en herbe. J’ai lu cette œuvre à sa suggestion, mais sans emballement. En revanche, le troisième tome des Claudine m’a enthousiasmé.

Dans les deux cas toutefois, le style de Colette m’a complètement séduit. Et paralysé. Pour tout dire, cette écrivaine me fout des complexes. Dans Claudine en ménage, il m’est arrivé de relire le même paragraphe trois fois. C’était d’une telle perfection que j’ai été pris de vertige. Il faut dire que juste avant ce voyage j’avais commencé un roman. Je comptais y ajouter quelques chapitres pendant ce séjour. J’ai plutôt rédigé ces carnets de voyage, j’ai écrit quelques billets pour le blogue de tennis, mais je n’ai pas ajouté la moindre page à mon opus naissant. Je m’y remettrai peut-être l’automne prochain, après la saison de tennis.

Je ne suis pas sûr cependant que la lecture de Colette m’incite à aller plus loin. Pour le moment, son génie m’écrase plus qu’il ne m’inspire.

Encore au Rialto

Vous vous souvenez peut-être du Rialto, ce cinéma un peu désuet. Nous y sommes retournés aujourd’hui voir un film allemand, L’amour et rien d’autre. Quand la projection a commencé, c’était bien dans la langue de Goethe et de mon beau-frère Rolf, mais il nous a semblé que l’histoire ne ressemblait pas à ce que nous avions lu. Au bout d’un certain temps, interminable, il nous a bien fallu conclure que le film que nous étions en train de regarder, au demeurant déprimant, n’était pas celui que nous étions venus voir. Nous étions-nous trompés d’heure, de salle ? Mystère ! Toujours est-il que nous sommes sortis voir notre guichetière favorite pour savoir de quoi il retournait. Levant les yeux au ciel, elle a lancé d’un air théâtral : « Mais, ce n’est pas possible, ça ! » Elle téléphone aussitôt au projectionniste, qui lui confirme, apparemment embarrassé, qu’il s’est trompé. Il avait plutôt projeté Pour lui, qui devait passer à 18 h, et non à 16 h.

Avec une gentillesse un peu rugueuse mais sincère, elle nous offre de voir gratos un autre film. L’ennui, c’est que nous les avions à peu près tous vus. Mais la dame insistait, ne voulant pas que l’on quitte son cinéma déçus. Elle a fini par nous proposer un vieux film français, Fric-frac, qui passait une heure plus tard. Nous sommes donc allés prendre un café avant de revenir voir un long métrage mettant en vedette Fernandel, Arletty et Michel Simon. Certains aspects de l’œuvre n’ont pas très bien vieillis, mais c’était drôle et sympa.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse. On se reparle en Italie.

Paul

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Commentaires sur: "Derniers jours à Nice" (1)

  1. DanyDanyDany a dit:

    Un de mes amis est écrivain. Il y a plusieurs années, il souhaitait écrire un livre dont un des personnages serait atteint d’insomnie, un problème qui affectait également mon ami, mais voilà qu’il tombe sur un classique (je ne me rappelle plus lequel) dont l’auteur aborde la question avec tellement de style et de brio qu’il y renonce… Heureusement, il n’a toutefois pas renoncé à sa carrière d’auteur. 😉

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