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Le printemps à Nice

Depuis notre petit périple marseillais, Lise et moi sommes restés à Nice. On comptait bien se rendre à Digne, mais il y a des travaux sur la voie ferrée. Et on a renoncé à la Corse après avoir réalisé que neuf heures de traversée (aller-retour), c’était long pour aller passer deux jours dans l’île de beauté. La vraie raison de notre immobilité, toutefois, c’est que Nice nous suffit.

Tous les matins, nous poursuivons notre entraînement, sans même nous poser la question, tant le besoin est devenu impératif. Notre ballade passe habituellement par la colline du château avant de déboucher sur la promenade des Anglais. C’est toujours le même trajet, mais on ne se lasse pas de son charme.

Sur cinq kilomètres, on en court maintenant deux, avec une aisance de plus en plus grande. Je sais bien que deux kilomètres, c’est quarante de moins d’un marathon. Mais pour moi, qui m’en tenais jusqu’ici à la marche plus ou moins rapide, c’est un progrès spectaculaire. Notre prochain objectif, c’est de courir trois kilomètres. Lise en est proche. Moi, je n’y parviendrai peut-être pas d’ici la fin de ce voyage, mais je devrais franchir cette distance de retour à la maison. Déjà, on songe au trajet que l’on fera à Montréal. On a opté pour le canal de Lachine, qui passe tout près de chez nous. Bien sûr, on n’aura pas ces vues imprenables sur la baie des Anges ou sur l’arrière-pays niçois, et on verse une larme. Mais le canal n’est tout de même pas dénué de charme.

Après notre balade, on s’arrête au marché ainsi que dans quelques boutiques du Vieux Nice. On y trouve habituellement tout ce dont on a besoin pour préparer nos excellents repas. Après avoir trouvé la meilleure boulangerie de la ville, on a découvert la meilleure boucherie. Elle est toute petite et rien n’y est déjà préparé. Le boucher, particulièrement gentil, découpe les pièces devant vous, en fonction de vos goûts et de vos besoins. On se fait tellement bien à manger qu’on ne va presque pas au restaurant.

Il y a cependant des exceptions. Hier, par exemple, il faisait si beau qu’on s’est laissé tenter par une terrasse, où nous avons dégusté pour la première fois la brandade de morue. À Nice, ce plat est composé de morue émiettée et de pommes de terre en purée. Accompagné d’une salade et d’un demi-litre de rosé, c’était délicieux.

Après les courses, nous complétons notre mise en forme, Lise par du stretching, moi par le yoga. Les problèmes de santé qui ont précédé notre voyage se sont évanouis. J’essaie de me rappeler à quel moment j’ai été à ce point en forme. Ma diététiste estimait que je manquais un peu de vitalité. Je m’étais défendu. Mollement. C’est elle qui avait raison. Mais elle ne pourra plus le dire.

On continue à fréquenter beaucoup les cinémas. La semaine dernière, c’était les Journées du cinéma italien. Nous avons vu cinq ou six films ; on les a tous aimés. Il est dommage qu’on ne puisse pratiquement plus voir de films italiens au Québec, car les Italiens sont restés les maîtres de la comédie sociale. Avec eux, tout finit par être drôle, même la mort, comme dans Diciotto anni dopo (Dix-huit ans après), où deux frères en brouille doivent aller disperser les cendres de leur père qui vient de mourir. On rit, mais on pleure aussi, car dans ce cinéma, comédie et drame marchent ensemble sur un même fil de fer.

On fréquente aussi musées et galeries. Cette semaine, nous sommes allés au musée Masséna, logé dans une magnifique villa et consacré à l’histoire de Nice. Nous avons vu l’exposition Brassaï, un des grands photographes du XXe siècle, célèbre notamment pour ses photos de Paris la nuit. Et surtout, nous sommes retournés au musée Chagall. Si le musée Matisse de Nice est un peu décevant, parce qu’on n’y trouve pratiquement que des œuvres secondaires, le musée Chagall réunit 17 œuvres majeures illustrant le message biblique. J’y ai vécu une grande émotion de beauté.

Côté météo, le mercure n’a toujours pas franchi la barre des 20 degrés, ce qui est plutôt rare pour la Côte d’Azur au printemps. En revanche, le soleil est presque toujours présent. Avec une petite laine, c’est donc confortable, mais la baignade attendra. Autres éléments qui compensent cette légère fraîcheur, les fleurs sont omniprésentes et on a commencé à manger des fraises du coin. Elles sont délicieuses, soit dit en passant.

Montréal ne nous manque toujours pas, et le Québec encore moins. Mais après deux mois, on commence à s’ennuyer des gens que l’on aime. Non, on ne dira pas lesquels. D’abord, parce que ça leur monterait à la tête. Et puis les autres risqueraient d’être vexés. Mais bref, vous nous manquez un peu. Ça doit être pour compenser qu’on se montre si fin l’un envers l’autre. C’est fou ce que les voyages peuvent rapprocher.

Lise, qui est adorable, vous fait ses amitiés. Je vous embrasse. À bientôt.

Paul

 

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Commentaires sur: "Le printemps à Nice" (1)

  1. Hé…les jouvenceaux…ne courez pas trop…Nous ne serons plus capables de vous suivre!

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