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Niçois et touristes

C’est le Carnaval de Nice et la ville est remplie de touristes. On les reconnaît facilement, même quand ils sont Blancs, à leur sac à dos et surtout, à la carte de la ville qu’ils consultent à tout bout de champ. C’est fou à quel point le touriste moyen a l’air perdu. En fait, c’est l’indice le plus sûr pour départager autochtones et étrangers. Les premiers savent où ils vont. Les seconds balancent la tête entre leur plan et le ciel.

Ce matin, sur la promenade des Anglais, on marchait d’un pas rapide à travers tous ces étrangers fraîchement débarqués et, ma foi, on faisait plutôt Niçois. J’ai même failli m’arrêter pour dépanner deux touristes désorientés. En moins de 15 jours, Lise et moi sommes presque devenus des gens du coin. Nous menons la vie de joyeux retraités niçois. Petit déjeuner vers 9 h 30, un peu d’internet, sortie de marche rapide, arrêt au marché, déjeuner plutôt frugal, séance de cinéma, quelques courses, dîner plus copieux, et en soirée, télé, lecture ou musique. Et j’en passe, bien sûr, car je ne vous raconte pas tout.

Nous en sommes à la fois ravis et… Je cherche le mot juste. « Frustrés » serait trop fort, bien entendu, car nous menons ici une belle vie, qui rassemble à notre vie montréalaise. Et à bien des égards, c’est en mieux. Le temps est bien plus beau, l’architecture est très belle et les paysages sont magnifiques. Les accents sont pittoresques. Côté nourriture, c’est le bonheur. L’appartement est super. Soyons honnêtes : si les gens que l’on aime le plus habitaient ici plutôt qu’au Québec, nous ne reviendrions sans doute pas. Alors, d’où vient cette pointe d’insatisfaction ?

Peut-être à une trop grande familiarité, justement. Nous en sommes à notre sixième voyage en France depuis 2005, à notre troisième à Nice. La langue des Français, c’est la nôtre. Nous appartenons à une génération de francophiles qui s’est nourrie de la culture française. La vie à la ville, la vie en appartement, la vie sans auto, tout cela faisait déjà partie de notre quotidien à Montréal.

L’an dernier, à la même époque, nous traversions les États-Unis à bord d’une autocaravane. C’était un mode de vie avec lequel nous n’étions pas familiers. Les paysages du sud des États-Unis, nous ne les connaissions pas non plus. Tout était nouveau, tout était à découvrir. Nous avions adoré, même si, au retour, nous avons fait nos adieux au caravaning. Pour revenir en Europe, justement.

Les souvenirs de ce périple sont venus nous hanter cette année. Ils reviennent d’autant plus intensément que nos amis Daniel et Louise, avec qui nous partagions l’autocaravane, sont partis avec la Bête pour la Floride, d’où ils nous envoient régulièrement des nouvelles. Leur bonheur nous fait plaisir. Mais il fait aussi resurgir une petite nostalgie, à laquelle on ne s’attendait pas et qui nous étonne un peu.

Cela dit, n’allez pas sortir vos mouchoirs, car nos nouvelles aventures n’ont rien pour faire pleurer dans les chaumières. Après tout, il y a des destins moins enviables que celui de joyeux retraités niçois.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse. À bientôt.

Paul

P.-S. Petit détail pour faire flipper (au sens français) un peu plus notre amie Catherine, qui doit nous rejoindre en avril : nous avons allongé un peu le trajet de notre marche rapide quotidienne et ajouté 10 intervalles de 30 secondes de course.

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