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Milano in treno

Nous avons fini par découvrir Milan et je ne peux vous cacher une certaine déception. Bien sûr, sa célèbre cathédrale est magnifique, la Galleria Vittorio Emanuele, qui la jouxte, est impressionnante, les musées sont nombreux et les boutiques de luxe sont splendides.

Mais Milan est sale et polluée. Il y a des graffitis partout, même dans les quartiers chics. Cette ville, comme tant d’autres, a beaucoup sacrifié au dieu Auto. On respire à plein nez la puanteur de l’essence et du diesel. Les rues piétonnes sont rares. Partout ailleurs, on marche dans le bruit infernal engendré par les autos, les motos et les tramways. Les façades des immeubles, encrassées par les émanations, ont perdu leur lustre.

Nous nous sommes fait spontanément ces réflexions, Lise et moi, en arpentant Milan. Le lendemain, était lancé un livre dénonçant la dégradation de la ville, Milano da Morire. Milan se meurt, affirment les auteurs.

Cette dégradation est d’autant plus surprenante que la capitale financière de l’Italie est riche. On y trouve une bonne partie des grandes fortunes du pays. Dans les beaux quartiers, on voit passer les hommes d’affaires dans leur impeccable complet gris ou bleu, le téléphone à l’oreille, la montre Cartier au poignet. Les devantures des belles boutiques étalent un luxe sans pareil. Gucci, Bugati, Hermès, Armani, Prada, Cavilli… tous les grands noms de la mode et du design y sont représentés. On en voit ressortir de jolies femmes, souvent blondes, la coiffure toujours impeccable, couvertes de bijoux.

Je cherchais une ceinture. J’en ai vu à 600 euros. Certains vêtements dépassaient à eux seuls mon budget de fringues pour toute une année. Je n’ai même pas osé entrer : je me serais senti comme un clochard dans un hôtel cinq étoiles.

Notre journée milanaise terminée, nous avons repris le train. Il était 18 h 30.

Dès que nous sommes montés dans le wagon, Lise m’a fait remarquer qu’il avait « l’air fatigué ». Prémonition ? Cinq minutes plus tard, une voyageuse nous a averti qu’il fallait en changer. « Non functiona. Dobbiamo cambiare. » Que faire ? Où aller ? Personne pour nous renseigner. Nous avons suivi la foule des voyageurs. En interrogeant les uns et les autres, en italien bien entendu, nous avons fini par apprendre qu’il fallait monter dans un train pour Monza, en banlieue de Milan. De là, on pourrait prendre un train qui nous ramènerait vers Lecco.

Arrivés à Monza, nouvelle course aux renseignements et toujours personne de la société ferroviaire pour nous assister. Nous finissons par découvrir qu’un train est sur le point de partir pour Lecco, quai numéro 4, mais il ne s’arrête pas à la gare où nous devons descendre. Il faudra attendre le suivant. Puis, on entend un message disant que le train en partance pour Lecco s’arrêtera exceptionnellement dans TOUTES les stations. Retour en toute hâte vers le quai numéro 4. Les voyageurs ballottés ont retrouvé le sourire. Nous sommes enfin dans le train qui nous ramènera chez nous.

Les stations passent. Je ne reconnais pas le moindre nom. Je commence à m’inquiéter. Nouvelle course aux renseignements. Je retrouve quelques voyageurs du train abandonné. Ils viennent d’apprendre que celui dans lequel nous voyageons se rend bien à Lecco, mais en empruntant une autre voie. « Sono cretini ! » me dit l’un d’eux, en parlant des gens du service ferroviaire. À Lecco, il nous faudra reprendre un train menant aux stations où nous devons descendre.

Finalement, il nous a fallu trois trains, trois heures et beaucoup de soucis pour faire les 40 kilomètres que nous aurions dû faire en 40 minutes. Sur le coup, j’étais prêt à faire une croix sur l’Italie. Mais quand nous avons retrouvé notre auto laissée dans le parking de la gare, nous avons poussé un soupir de soulagement.

Et le lendemain matin, nous avons fait dans le parc Montevecchia une extraordinaire balade, qui a rechargé nos accus.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse.

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